Jeudi 29 janvier 2009
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"(...) Je fus frappé par l'obsession qu'exerçait sur mon regard irrité le plancher, dont mille lavages avaient accentué les rainures. Je me décidai alors à interroger le symbolisme de cette
obsession et, pour venir en aide à mes facultés méditatives et hallucinatoires, je tirai des planches une série de dessins, en posant sur elles, au hasard, des feuilles de papier que j'entrepris de
frotter à la mine de plomb. En regardant attentivement les dessins ainsi obtenus, les parties sombres et les autres de douces pénombre, je fus surpris de l'intensification subite de mes facultés
visionnaires et de la succession hallucinante d'images contradictoires, se superposant les unes aux autres avec la persistance et la rapidité qui sont le propre des souvenirs amoureux. Ma curiosité
éveillée et émerveillée, j'en vins à interroger indifféremment, en utilisant pour cela le même moyen, toute sorte de matières pouvant se trouver dans mon champ visuel (...) Le procédé de frottage,
ne reposant donc sur autre chose que sur l'intensification de l'irritabilité des facultés de l'esprit par des moyens techniques appropriés, excluant toute conduction mentale consciente ( de raison,
de goût, de morale) réduisant à l'extrême la part active de celui qu'on appelait jusqu'alors "l'auteur" de l'oeuvre, ce procédé s'est révélé par la suite le véritable équivalent de ce qui
était déjà) connu sous le terme d'écriture automatique (...) le rôle du peintre est de cerner et de projeter ce qui se voit en lui. (...)"
1925
mais j'ai un petit doute soudainement je ne sais pas si Ernst ou Michaux qui a écrit cette phrase.... gloups...
S.
Par sarah tritz
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Publié dans : de tout et de rien
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