Dear,
Parfois les formes deviennent plus fortes que notre raison... on les laisse faire..tirailler entre leur entité en devenir et notre propre conscience des choses... On ne sait pas si ce que l'on est en train de faire naître est juste ou non... mais il me semble que lorsque les formes deviennent plus fortes que la pensée qui anticipe, quelque chose se passe, à notre insu et c'est ce qui est déstabilisant, mais c'est il me semble précisément là que l'on est dans une réponse formelle et créative pleine... du moins je crois... Il est évident que je me serai entendue à merveille avec Arp et Taueber...
Ces moments où tout ns échappe mais que nos gestes obéissent à ce qui est en train de naître, obéissent à la puissance visuelle de ces formes en devenir... On commence par un choix puis peu à peu le choix s'opère de lui-même sans que l'on ait à le contrôler davantage que ce qu’ il nous
donne à voir.
C'est ce qui se passe aujourd'hui pour moi..je pensais bifurquer ce matin prendre une autre route mais non, mes formes m'entraînent vers ce qu'elles veulent; je leur obéis en quelque sorte...mais bien entendu elles n'ont pas le pouvoir de lectrice que j'ai sur elles..je finirai par les dominer, elles
me glissent quelques signes esthétiques que je peux analyser, recontextualiser selon les époques..elles me glissent quelques informations visuelles que je ne peux que lire... elles ne se lisent pas, elles ne s'auto-analysent pas mais moi oui bien sur je les analyse...Quand on fait on
devient tour à tour obéissant puis désobéissant..on devient auteur puis non auteur, on devient dominé puis dominant et parfois ni l'un ni l'autre on flotte et on ne sait plus et les formes jaillissent qd même... tt cela dans des laps de temps soit très longs soit très courts...
Ces formes en métal ressemblent à de vieux oiseaux sages qui sortent de leurs cages, et qui s'envolent avec tout le poids de leur enfermement qui a duré quelques années. Ce sont de Vieux oiseaux. J'insiste sur la vieillesse je ne sais pas bien pourquoi encore..
Voilà Dear j'oscille entre le lyrisme le plus totale et la froideur métallique... je continue vers cette jouissance de la réalisation de formes "vieillottes"...
Quand au bout de deux jours on s'aperçoit que le tout ns échappe mais que l'on a envie d'obéir à ce tout, on s'interroge, on peut penser à l'amour aussi car c'est bien quand tt ns échappe et que tt devient imprévisible que deux Etres se rencontrent il me semble...quand presque plus rien ne peut
être prévu par la réflexion...quand on lâche prise et que le jugement n'existe plus et que tout peut vivre enfin!
Je t'embrasse.